L’INDE EN QUELQUES MOTS

L’Inde est appelée aussi sous-continent indien, représentant une zone géographique de l’Asie du Sud Est avec 2,4 % de la surface mondiale. Elle reste séparée de l’Asie par la chaîne himalayenne. Sa superficie est de 3 287 000 km2 et la définit comme le 7ème plus grand pays du monde, avec 23 langues officielles et environ 1600 dialectes supplémentaires.Le hindi est la langue nationale, bien que parlée essentiellement dans le Nord et l’anglais reste une langue véhiculaire entre les différentes régions (autrefois, la haute bourgeoisie en fit son apanage). Les grandes familles de langues comprennent : les langues sino-tibétaines, austro-asiatiques, indo-européennes, dravidiennes, et dardiques,elles mêmes subdivisées.

 

(suite)

Le terme « Inde » : provient de la version persane « Sindhu », relative au nom donné au fleuve Indus présent au pakistan. Ce dernier prend sa source dans l’Himalaya, et coule jusqu’à la mer d’Oman; Les textes officiels le nomme  » Bharat » : le mot d’origine sanskrite faisant référence au un roi hindou antique , héros du Mahâbhârata. Le troisième terme : Hindoustan, mot d’origine persanne signifiant « terre des hindous » créé lors des invasions mogholes. Cette qualification est encore utilisée dans le langage courant.

L’Inde est la plus grande démocratie du monde abritant 1 145 587 234 milliards d’habitants. Démocratie parlementaire, elle se définit administrativement comme une union, une fédération d’états dans lequel règne un gouvernement représenté par un parlement.

4 grands fleuves l’ hydratent : le Gange, Bhramapoutre, Yamunâ, Godâvarî, Narmadâ et Kaveri. Le Gange, l’Indus et le Bhramapoutre irriguent les 3/4 du pays. Le Gange prend sa source dans l’Himalaya, côté indien et les deux autres fleuves sont issus du Tibet. Ces fleuves desservent des villes sacrées.

Son climat varie en fonction du lieu géographique : Tempéré au nord et tropical au sud, il est fortement influencé par la présence des chaînes montagneuses telles que l’Himalaya et par le désert du Thar (le grand désert indien). La chaîne himalayenne bloque les vents issus d’Asie centrale, les empéchant de pénétrer sur le territoire et préservant de ce fait la chaleur sur cette partie géographique.

Le désert du Thar,quant à lui , attire les vents humides de la mousson d’été ( de juin à septembre) ayant pour conséquences les nombreuses précipitations sur le territoire.

La Faune .Grâce à sa géographie, et à son climat, et à sa flore très variée, ( 6 % de plantes à fleurs), L’Inde est une des 10 terres au monde offrant une grande bio-diversité : 7,6 % des mammifères, 12,6 % des oiseaux, 6,2 % des reptiles et avec seulement 2,4 % de la surface terrestre. Depuis quelques décennies, avec la démographie humaine, l’urbanisation, l’industrialisation évoluant, la faune a été sérieusement menacée et certains habitats naturels ont disparu. Afin d’y faire face, le gouvernement a développé depuis 1935, une liste de territoires protégés afin de créer des parcs nationaux. Ce n’est qu’en 1972 que l’Inde a réellement créé un plan actif de sauvegarde et un projet particulièrement important pour le tigre et son habitat naturel. Le tigre du Bengale est le symbole national de l’Inde. En plus de 500 zones de sauvegarde, 25 sont protégées par la convention de Ramsar.

La flore. .La flore de l’Inde est exceptionnellement riche : 44 500 espèces de plantes poussent en Inde, dont 15 000 sont des plantes supérieures. Elles comprennent pour le tiers des plantes à bois. Les 15 000 espèces représentent 6% du nombre total des plantes à fleurs dans le monde, rencontrées principalement dans les Ghâts Occidentaux, le nord-est himalayen et les îles Andaman et Nicobar.Plus étonnant, un tiers environ des fleurs de l’Inde sont endémiques, ce qui signifie qu’une partie importante de la flore mondiale identifiée pousse naturellement en Inde.

Par ailleurs, l’Inde a toujours eu une relation très fusionnelle à la nature, emplie d’une grande humilité et d’un profond respect. Appartenant à l’univers créé par l’Etre Suprême, l’ Absolu Brahman, la nature « Prakriti » revêt un caractère sacré devenant une manifestation contenant énergie cosmique, le grand principe de conscience.Pour un indien, la nature est donc sacrée et une parfaite méditation, vivant au rythme de Brahman : une plante respire, médite, vit dans l’instant présent de l’énergie présente.

Les plantes et les arbres sont restées intégrées à la vie indienne, aussi bien dans le domaine social (gastronomie, médicinal, séduction) que religieux (offrandes, méditations, représentation divine, près de temples ). Les plantes sacrées articulent ces deux domaines tenant une place à part entière dans la vie indienne : Basilic ou Tusî, Lotus, Santal, Rudraksha, Mangue, Noix de coco…., la liste est longue pour nommer toutes les plantes et arbres inscrits au coeur du Sacré dans la vie de l’Inde.

Les plantes peuvent être classées selon leur usage : les plantes de santé (soins médicinaux), plantes de sagesse (liée à l’hindouisme), plantes pour la gastronomie (épices), plantes de beauté. Les plantes s’inscrivent dans la pratique médicale ancestrale indienne : l’Ayurvéda.

Quatre grandes castes ( catégorie sociale dans laquelle l’individu nait et appartient) répartissent la population : Cette hiérarchie traditionnelle est fondée sur la notion de « pureté » et « impureté » dans la relation de l’individu à l’environnement et au divin.

– les castes supérieures comprenant les Brahmanes (religieux) et les khastriyas ( guerriers et gouvernants)

– les castes moyennes comprenant les Vaishyas ( commerçants)

Brahmanes, Kshatriyas et Vaishyas représentent 15 à 20 % de la population.

– les castes inférieures « Shudras » représentées par les travailleurs manuels , pour 50 % de la population .

– Les hors castes « Intouchables » (réalisant des travaux jugés dégradants) représentant 25 à 30 % de la population.

Les religions pratiquées comprennent : l’hindouisme (80,5 %), l’islam (13 % majoritairement parlée au Nord Ouest, seconde religion après l’hindouisme), le bouddhisme (pratiqué par les minorités dans l’Himalaya 0,8 %) , le jaïnisme ( O,4 %), le sikhisme (1,9 %), le christianisme ( 2,3 %), et les parsîs.

La vie sociale est organisée autour d’une société de type « patriarcale » se retrouvant aussi bien dans la construction familiale, véritable rempart contre l’insécurité socio-économique, que dans l’organisation des entreprises.Peuple agricole et commerçant ( pierres précieuses, épices, textiles avant l’industrialisation), les indiens ont toujours une capacité d’adaptation aux situations les plus difficiles, allant chercher au plus profond d’eux les ressources pour aller de l’avant. Pour exemple, les multiples colonisations avec leurs apports socio-culturels ont agrémenté la culture indienne (art et techniques artisanales).Le calendrier indien est jalonné de multiples fêtes religieuses et laïques permettant le rassemblement de tous les indiens, sans distinction de classes.

Second pays le plus peuplé du monde, sa population est de 1 145 587 234 milliards, soit environ 350 habitants / km2. ( dernières données de 2008).

Le 1 avril 2010, l’Inde a lancé son plus grand recensement, nommé « census 2011 ».Il s’agit du 15ème recensement national depuis 1872, dont le dernier remonte à 2001. Les 35 états et territoires d’Union sont concernés, comprenant 640 districts, 7 700 villes et plus de 600 000 villages. L’originalité de « Census » réside en sa parution dans les grandes langues officielles et surtout dans son informatisation de nombreuses données (dénombrement de la population, listage des logements, conditions d’habitation, nombre de téléphones portables, disponibilité de l’eau au robinet, usage des services bancaires). Les premiers résultats seront fournis en mars 2011. La moitié de la population (53 %) a moins de 25 ans. Sa croissance démographique est telle, qu’elle dépassera la Chine d’ici 2040, au rythme annuel de la démographie australienne. Actuellement, un humain sur 6 est un indien. L’indice de fécondité est de 3,1 ; Le taux de natalité est de 24,6 et le taux de mortalité infantile de 71 /1000. 72 % de la population vit en zone rurale. L’espérance de vit est de 64 ans pour les femmes et de 62 ans pour les hommes.

Le taux d’alphabétisation est en net progression grâce à une politique éducative importante. Il est de 46 % pour les femmes et de 64 % pour les hommes; Depuis le début du XXème siècle, la population indienne a été multipliée par quatre. Deuxième population après la Chine, l’Inde a une densité de population moyennement forte, avec de fortes inégalités de peutplement : 600 habitant s /Km2 dans la vallée du Gange, et moins de 50 habitants au Km2 dans l’Himalaya ou le désert du Thar. Le taux de croissance démographique moyen calculé entre 1990 et 2004 a été basé à 1,7 %. Le nord du pays a une croissance démographie supérieure à 2,5 %, tandis que le sud est inférieur à 1,5 %.

L’explosion démographique se poursuit et s’allie également à une politique gouvernementale accès sur la participation à la mondialisation :

-Grâce à la modernisation rapide de l’agriculture « la révolution verte » : l’ Etat a d’abord nourri correctement sa population. L’Inde est un pays agricole comportant plus de 500 millions de paysans.Grâce aux nouvelles semences, aux engrais chimiques et à l’extension des zones irriguées, cette révolution verte a permis de nourrir une population plus nombreuse en plein accroissement. Les Etats où la consommation d’engrais est supérieure à la moyenne se situent principalement au Nord du pays (Penjab, Haryana et Uttar Pradesh, Bengale occidental), le Gujarat, puis au Sud (Andhra Pradesh, Karnataka et Tamil Nadu). Les prinicpales zones irriguées concernent la vallée du gange, le Sud du Gujarat à l’embouchure du fleuve Narbada, et le long de la côte Est ( embouchure de la Godaveri, et Côte de l’Andhra Pradesh et Tmil Nadu).Ainsi, par exemple, les rendements agricoles ont été multipliés par trois au Penjab et l’Inde est devenue exportatrice de céréales.Malheureusement, la révolution verte a essentiellement profité aux paysans aisés , et secondairement, elle appauvrit les sols . D’après une étude de ONU de 2003 sur l’alimentation et l’agriculture, 60 % des gens n’avaient pas de rations suffisantes en protéines et 214 millions de personnes ne mangeaient pas à leur faim.

Un autre facteur de crise non dommageable désigne la forte dégradation des conditions écologiques (certaines villes et villages réagissent deplus en plus en faveur de l’environnement) , et le manque de disponibilité en eau : les nappes d’eau soutrerraines se vident rapidement épuisées par des pompes à eau consommant 31 % de l’électricité du pays. Chaque année , la mousson est attendue, draînant avec elle les conséquences agricoles et économiques pour l’année à venir. La faible mousson de 2009 a entraîné un problème agricole important, une hausse des prix de produits de première nécessité, une diminution d’exportation des céréales.

Parallèllement, le décollage économique industriel s’est tout d’abord basé sur la sidérurgie, les textiles, et les industries de première nécessité. Puis, les efforts furent portés sur la formation technique, l’informatique et la haute technologie. La capitale de l’état du Karnataka, Bangalore, est devenue le premier exportateur mondial de services informatiques.En 2004, 20 % d’exportation mondiales de logiciels étaient issus du territoire indien. En 2003, plus de 150 000 ingénieurs informaticiens y travaillaient contre 120 000 dans la Silicon Valley aux USA ! Des entreprises américaines ont ouvert des laboratoires de recherche en raison du coût huit fois moins cher qu’aux USA. La pratique de l’anglais par les indiens a permis cette facilité de la délocalisation pour les comptabilités et les centres d’appels. Par ailleurs, la majorité des indiens ayant moins de 25 ans alliée à la spécialisation es services permettra à l’Inde e devenir d’ici 2030 la troisième puissance économique mondiale derrière la Chine et les USA. La concurrence avec la Chine est un enjeu économique essentiel dans la stratégie économique indienne.

En moins de cinquante ans, l’Inde est devenue une grande puissance économique de l’Asie. Une classe sociale « moyenne » est en pleine évolution s’ouvrant à la consommation de type occidentale.

Géopolitiquement, l’Inde se projette dans la mondialisation, développant en son sol des secteurs d’activités économiques utiles pour l’occident :

-délocalisation de firmes européennes implantées en Inde,développement du secteur automobile indien -Tata motors-,

-développement du cinéma bollywood reconnu mondialement,

-de la littérature moderne,

-de l’Art moderne,

-nombreuses expositions culturelles de l’Art classique et moderne d’artistes indiens dans le monde,

-développement du tourisme avec une grande volonté de partage avec les européens les amenant à découvrir la richesse culturelle indienne.

-spécialisation technologique des étudiants indiens notamment en informatique,

-développement de la formation technologique,

-formation de ses ingénieurs en informatique dans des instituts technologiques créés sur le territoire indiens et reconnus mondialement,

-émigration de plus d’1 million d’indiens hautement diplômés en europe, ou aux Etats-Unis.

-l’Inde s’est engagée dans la conquête de l’espace, devenant le 14 novembre 2009, la première nation à installée un satellite en orbite autour de la lune et une sonde. Elle devance ainsi la Chine. Elle devient alors la quatrième nation à implanter son drapeau sur la lune après la Russie, Etats Unis et Europe. D’autres grands projets spatiaux sont prévus d’ici 2015 avec l’ exploration de la planète Mars et l’ envoi du premier homme dans l’espace.

-négociation d’accords commerciaux avec d’ autres continents ou de nouveaux pays comme par exemple avec l’Afrique du Sud,

-Rencontres internationales avec les pays développés et la Chine pour lutter contre la pollution

Malgré ces réussites, de très fortes inégalités de développement demeurent alimentant un exode rural et une explosion urbaine incontrôlée, comme à Bombay, Delhi et Calcutta ( plus de 10 millions d’habitants).

Les contrastes de la société indienne sont flagrants, se retrouvant aussi bien en zone urbaine que rurale : 10 % d’indiens les plus pauvres se partagent moins de 4 % des revenus, tandis que les 10 % les plus riches concentrent un tiers des revenus.

En 2010, 410 millions d’habitants, soit 37 % de la population sont admissibles à recevoir des aides subventionnées. Ce calcul a pris en considération les salaires et la capacité d’une famille à offrir les besoins nutritionnels de base.

Depuis 2004, date du dernier calcul, 100 millions de personnes de plus ont été frappées par une extrême pauvreté. Ce chiffre est à corréler avec la forte hausse ( 20 % durant le premier semestre 2010) des denrées alimentaires. La faible mousson de 2009 en est un des paramètres. En 2009, le revenu moyen quotidien d’un indien était d’1,5 euro !

L’ éducation : Des centaines de milliers d’enfants étaient jusqu’à présent privés de scolarité en raison d’aide économique à leur famille : le gouvernement insiste sur la scolarisation des enfants, proposant même des suivi d’études après le travail des enfants. Depuis 1989, l’Inde membre de l’ONU avait ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant. En 2003, 25 millions d’enfants étaient non scolarisés contre 8 à 10 millions actuellement ! En 6 ans, le nombre d’écoliers scolarisés a évolué de 57 à 192 millions.

Depuis un siècle, le gouvernement a la volonté de transformer l’éducation en un droit afin d’affiner les privilèges des statuts sociaux sources d’inégalités sociales.Ce droit à l’éducation est inscrit depuis 2002 dans le 86ème amendement de la constitution indienne. En 2009, la législation a rédigé le « droit à l’éducation gratuite et obligatoire pour les enfants ». L’application est maintenant effective : le Premier Ministre Manhoman Singh a annoncé qu’ à partir du 1 avril 2010, tous les enfants , quelle que soit leur appartenance de caste devront être scolarisés.L’enseignement de qualité est privilégier par le gouvernement permettant d’offrir à chaque jeune indien la possibilité de se forger un avenir, devenir acteur pour son pays.

Le nouveau système scolaire sera financé à 55 % parle gouvernement et les 45 % supplémentaires parles états fédérés.2,5 millions d’euros sont prévus pour la rentrée 2010/2011. L’accent sera mis sur la qualité d’enseignement grâce à un recrutement de professeurs compétents avec des adaptations pour les enfants en grandes difficultés.Par ailleurs, les infrastructures seront développées permettant aux enfants de suivre des cours de sports.

Les écoles privées devront par ailleurs accueillir au moins 25 % d’ élèves défavorisés. Les gouvernements régionaux et les autorités locales étudieront les possibilités de lieux géographiques en vue de contruction de nouveaux établissements scolaires.

Ainsi, par cette évolution politique d’ouverture sur le monde et d’éducation, la société ne peut que se modifier, muter en profondeur.

La vie sociale se parfume alors d’un savant mélange de traditions ancestrales et de modernité. Les jeunes ont de plus en plus accès à l’éducation, les étudiants se projettent dans un profond désir d’aide à leur village, mêlant modernisme et respect des traditions familales et culturels. Aussi, la génération des 25 ans ( plus de la moitié de la population) devient de plus en plus diplomés, revêt un look européen, utilise internet et téléphone portable, et accepte de se marier en respectant le choix fait par la famille.

L’Inde mise sur sa jeunesse !

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